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    Bernard Tapie : « Sans ses supporters, l’OM n’existe pas »

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    Bernard Tapie : « Sans ses supporters, l’OM n’existe pas »

    4 mars 2019

    INTERVIEW

    Malgré ses problèmes de santé et son combat contre la maladie, Bernard Tapie a toujours suivi de très près l’actu de l’Olympique de Marseille. Celui qui reste le président de l’OM le plus populaire, revient sur sa période marseillaise et évoque les nombreux changements de ses dernières années, jusqu’au cas Rudi Garcia

    Considérez-vous que votre passage à la tête de l'OM, ce titre de champion d'Europe en 1993, et la popularité que vous en avez retirée soit le sommet de votre vie d'entrepreneur et de dirigeant ?

    Ce serait vite oublier que j'ai aussi gagné le Tour de France avec Bernard Hinault et Greg LeMond, que j'ai battu le record de traversée de l'Atlantique à la voile, oublier que j'ai été ministre en venant de nulle part... ou que j'ai eu quatre magnifiques enfants ! Mais disons, si c'est le sens de votre question, que s'est effectivement ma réussite à l'OM qui a provoqué le plus de bonheur collectif. C'est un fait d'être heureux tout seul dans son coin, c'en est un autre de le partager avec autant de monde. Vous savez, les manifestations de soutien les plus touchantes que j'ai reçues lorsque j'ai annoncé que j'avais un cancer émanaient de jeunes gens qui n'étaient pas nés lorsque l'OM gagnait la Ligue des Champions et dominait le foot français. L'impact a donc traversé les générations et, lorsque je partirai, c'est ce souvenir là que je laisserai aux gens je pense. Et c'est plutôt pas mal...

    Il apparaît clairement que vous êtes le président de l’OM qui a le plus marqué l'histoire du club, celui qui a été le plus populaire. Quelle image aviez-vous de vos prédécesseurs lorsque vous êtes arrivé en 1986 ?

    Je connaissais l'histoire du club évidemment, son potentiel, mais je ne me suis jamais comparé aux autres. Je n'ai jamais voulu être le plus populaire ou le plus aimé, c'eut été le meilleur moyen de se planter. Car on ne fait pas ça pour être populaire contrairement à ce que pensent beaucoup de gens. Ils se trompent ! De la même manière, je n'ai pas passé mon temps à faire des réunions avec les supporteurs pour qu'ils m'aiment. Si, au bout du compte, ils m'ont adopté, c'est uniquement parce que j'ai fait gagner l'OM.

    Egalement parce que vous leur avez accordé pas mal de privilèges !

    Oui, ils ont apprécié que je leur accorde plus d'indépendance financière, mais si je l'ai fait c'est parce que ça ne nuisait pas aux intérêts du club, bien au contraire. A cette époque, de toute façon, le club ne pouvait pas exploiter les places en virages qui n'étaient pas numérotées. Donc autant les rétrocéder aux supporteurs et leur éviter de tendre la main en permanence. Beaucoup ont considéré que j'achetais la paix sociale, mais c'était ne pas comprendre les intérêts partagés entre les supporteurs, sans lesquels l'OM n'existe pas, et le club. Il n'y avait rien de démagogique là dedans. Parce que, à l'inverse, quand il s'est agi de défendre l'honneur de l'OM, je n'ai jamais hésité à trancher. Quand Eric Cantona, qui allait devenir un des meilleurs joueurs du monde, a jeté le maillot du club au sol après un match amical, je n'ai pas hésité à m'en séparer, pour protéger l'institution OM. Il n'y a que ça qui m'importait : comment faire pour faire gagner l'OM.

    « Quand vous insultez l'OM, vous insultez aussi tous les Marseillais ! »

    Les propriétaires ou présidents du club qui vous ont succédé avaient-ils la même approche selon vous ?

    Peut-être n'avaient-ils pas tous conscience que lorsque vous insultez l'OM, vous insultez aussi tous les Marseillais ! Marseille, la ville, est régulièrement décriée, parfois à raison, souvent à tort. Or, ma période de présidence correspond aussi à une période où elle fut la ville de France la plus racontée à travers le monde. Deux milliards de téléspectateurs ont regardé la finale de Munich. C'est énorme. Et ça explique aussi beaucoup de choses.

    En rachetant le club, pensez-vous que Frank McCourt avait conscience de cette dimension ?

    C'est bien parce qu'il en avait conscience qu'il a racheté le club. Avant Marseille, il a fait ses preuves, et réussi dans le sport de haut niveau. Jacques-Henri Eyraud a réalisé, avec Garcia, une excellente saison dernière. Personne ne peut leur enlever ce bilan. Maintenant, ils traversent une période plus difficile, mais ils sont lucides sur les difficultés qui sont les leurs depuis le début de la saison et ne s'en moquent pas. Etre lucide, c'est déjà important car cela n'a pas toujours été le cas, sous l'ère Louis-Dreyfus, avec la multitude de gens qui sont passés à la tête du club, dont on se demandait, pour certains d'entre eux, ce qu'ils faisaient là et dont on pouvait douter des réelles intentions.

    Etes-vous inquiet sur les chances de qualification pour la Ligue des Champions ?

    L'OM a la chance de faire un championnat où une seule équipe, le PSG, est intouchable. Toutes les autres, à l'image de Lyon ou Saint-Etienne, restent bien irrégulières. Rien n'est définitif. Ce n'est qu'en fin de saison qu'on pourra faire le bilan. Ceci dit, pour ne pas qu'il soit trop mauvais, il faut être prêt dès maintenant à relever les défis qui attendent les joueurs de Garcia. Sans perdre de temps, ni trop de points, mais sans s'affoler non plus.

    Vous avez été le deuxième président de l'histoire de l'OM à "user" le plus d'entraîneurs. Vous vous seriez séparé de Rudi Garcia au cœur de la crise ?

    Se séparer d'un entraîneur n'a jamais été chez moi une technique de gestion ou la conséquence d'un besoin frénétique de changement. Mais, à certains moments, ce sont les circonstances qui dictent, qui amènent un président à considérer que le message du coach ne passe plus, qu'il n'a plus la main ou que son classement n'est pas à la hauteur de la qualité de son effectif. Ce n'est évidemment pas le cas de Garcia aujourd'hui...

    « Ce sont les circonstances qui dictent, qui amènent un président à considérer que le message du coach ne passe plus, que son classement n'est pas à la hauteur de la qualité de son effectif. Ce n'est évidemment pas le cas de Garcia »

    En début d'année, plus que Garcia, c'est le président Eyraud qui semblait aussi menacé.

    C'est l'éternel problème d'un président salarié qui n'est pas celui qui amène l'argent. J'en sais quelque chose moi qui ai été des deux côtés de la barrière.

    De Banide à Bourrier, regrettez-vous de vous être séparé de certains coachs ?

    Non, car tous ont apporté quelque chose à l'OM. Et je ne dis pas ça pour préserver tous les entraîneurs qui sont passés sous ma présidence, mais parce que je le pense vraiment.

    Même Beckenbauer qui n'aura pas vraiment marqué son temps sur le banc ?

    Même Beckenbauer, qu'on n'avait pas viré, mais à qui j'avais demandé de prendre du recul et de la hauteur à un poste différent. Et c'est lui qui avait choisi l'entraîneur...

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