En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.

Ecrivez sur votre club L'actualité de votre club
    C'était le bon temps...

    Coronavirus Covid-19

    Actus

    Coronavirus Covid-19

    C'était le bon temps...

    18 mars 2020

    La chronique de Robert Lafont (PDG Lafont Presse)

    Tous les soirs retrouvez Le journal du virus par Robert Lafont, PDG du groupe Lafont Presse. Un regard toujours pertinent sur la pandémie qui paralyse le monde.

    Les gens commencent enfin à réaliser ! Les gens, enfin presque; en allant acheter ma baguette et quelques provisions, l’épicier continue à parler fort et à postillonner... comme si de rien n’était. Je lui fais signe, que j’évite de parler, mais cela n’a pas l’air de lui poser problème.
    À propos d’isolement, le paradoxe est qu’on n’a jamais eu autant besoin de son smartphone, alors qu’il y a quelque temps, on se plaignait d’en être dépendant justement ! Les temps changent à une vitesse phénoménale.
    Je me remémorais, hier, un repas d’anniversaire fait au restaurant avec quelques amis au mois de janvier dernier. J’ai l’impression que c’était il y a un siècle. Rien que de voir des photos de gens attablés à une terrasse en train de boire un verre... cela fait drôle désormais!  Et on peut se dire : ah, c’était le bon temps !
    Faut-il être privé des choses pour en mesurer la valeur ?
    Autre point positif inattendu, puisqu’on ne peut plus acheter : on se remet à apprécier la valeur des choses : une table à remettre d’aplomb,  ou une machine à café cassée. En revanche malheur en cas de panne, et je ne vous parle pas d’internet. Là c’est la cata ! Coupé du monde, vous devenez coupé du monde ! Remarquez, ce n’est pas plus mal quand vous entendez les nouvelles et les courbes de progression exponentielle du virus. Et pas d’inversion possible de la courbe avant 15 jours. Ça va faire long pour nos citoyens consommateurs habitués à zapper et à tout changer en un clic ! Cela leur fera peut être aussi pas de mal de se rendre compte de ce que c’est que la patience. Avoir la notion du temps !
    À la faveur de cette crise, nous réapprenons à mesurer la notion de temps. Nous pouvons toucher physiquement la notion d’écoulement du temps. Cela risque de faire beaucoup de bien aux esprits compulsifs toujours en recherche d’actions et de mouvements. Cela peut les enraciner, les rééquilibrer, les ressourcer... je sais, je parle comme un journaliste de magazine psycho, mais c’est tellement vrai ! Bon allez, je me reprends.

    La grande cacophonie

    Évidemment, ce qui parait plus grave actuellement, c’est l’ampleur du développement du virus et la gestion gouvernementale. Pendant longtemps, on cru, en France, que l’épidémie était circonscrite à quelque cas, dans l’Est à Mulhouse ou à Contamine (qui porte bien son nom, on aurait pu se méfier) en Savoie. Que nenni. Le virus est bien plus insidieux. Il rit jaune, il vient de Chine. Il apparaît que 90 % des porteurs ne s’en aperçoit pas. Beaucoup d’entre nous n’ont pas de symptômes et contaminent allègrement, sans le savoir. La grande migration actuelle des Parisiens en Normandie ou ailleurs ne va pas améliorer les choses. Et je ne vous dis pas dans les trains ou les gares...
    Côté gouvernement, c’est la grande cacophonie. Avant hier, le teint blafard du président lors de son allocution historique du 16 mars (historique pour son audience record de 35 millions de Français) tranchait avec le ton juste et rassurant de sa brève allocution de jeudi. Quelque chose s’est grippé, nos dirigeants ont réalisé qu’ils avaient totalement sous estimée la progression de la pandémie. Faut-il le répéter : beaucoup de porteurs de virus ne le savent pas et continuent  à contaminer en toute inconscience. D'où l’importance de respecter les 2 mètres de distance...
    Autre fait troublant, l’interview donnée hier au journal Le Monde par l’ex ministre de la santé, l’inénarrable Agnes Buzin. Celle-ci n’a pas hésité à affirmer avoir prévenu Edouard Philippe de l’imminence du danger des fin janvier . Celui-ci a rétorqué le soir même sur France 2 , face à une Anne-Sophie Lapix bizarrement guillerette , que tous les spécialistes n’étaient pas d’accords avec un tel diagnostic. Un seul problème, le premier ministre n’est-il pas là pour préparer  le pays aux scénarios les plus catastrophiques. Comme l’avait fait Madame Bachelot avec la grippe A il y a quelques années, même si cela  a coûté plus d’un milliard ! Visiblement, le premier ministre a fait l’inverse. Quand au président, il a visiblement tardé à mettre le pays au confinement. Certes n’a t’il pas voulu affoler ! Mais on va le lui reprocher à juste titre ! Comme disait de Gaulle, le plus important, pour un président est de distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas.


    Vous avez aimé cet article ? Faites-le savoir !


    Votre article dans

    Ecrivez sur votre club