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    José Anigo : « à l’OM, quand ça va mal, vous vous retrouvez tout seul »

    Actus

    José Anigo : « à l’OM, quand ça va mal, vous vous retrouvez tout seul »

    20 juin 2019

    INTERVIEW ESCLUSIVE

    Depuis la Grèce, où il fut entraîneur du Panionos d'Athènes jusqu'en décembre dernier, et le Maroc où il a élu domicile depuis son départ de Marseille en 2014, l'ancien joueur, coach et directeur sportif de l'OM a été très attentif à la saison de son club de toujours. Il a notamment une pensée particulière pour Rudi Garcia.

    Que pensez-vous du nouveau projet de McCourt ?

    Il est parti sur des bases cohérentes avec une première saison emballante, pleine de panache, qui ne laissait pas imaginer une si mauvaise période. Franchement, cette équipe est méconnaissable. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Et quand ça va mal, je connais trop bien le club, je sais que vous vous retrouvez tout seul, que personne ne vous soutient. C'est terrible. Garcia a vécu ce que j'ai vécu et d'autres avant lui ont vécu... En fin de saison on a senti énormément de tension aujourd'hui autour de l'équipe et du club, et je trouve qu'on, que tout le monde a vite lâché une équipe qui avait pourtant fait vibrer le Vélodrome en Ligue Europa.

    Est-ce une critique adressée aux supporters ?

    Non, pas seulement, c'est global, de la part des journalistes, en interne aussi, où on a senti que ça s'effritait de tous les côtés. Les supporters sont comme tous les supporters du monde, ils viennent au stade pour prendre du plaisir et voir leur équipe gagner. Quand ce n'est pas le cas, ils le font savoir car le foot est aussi pour eux un moyen de communication, de valorisation. Mais désormais, dans les conflits qui les opposent au club, ils ne lâcheront rien, c'est une certitude.

    « Le risque d'essoufflement est là, encore accentué par l'absence de Ligue des Champions. Or, je sais, pour l'avoir vécu, que ce n'est qu'à travers cette compétition qu'un club comme l'OM peut se régénérer ».

    Au delà des mauvais résultats de cette saison, pensez-vous que le président Eyraud est sur la bonne voie et que le club est en phase de consolidation à travers tous ses projets en matière de formation, d'exploitation du Vélodrome, etc ?

    Je pense que les gens travaillent bien, avec des idées sympas et cohérentes. Le projet de ratisser large en région PACA pour attirer les jeunes, ce qu'on faisait aussi et qui porte ses fruits aujourd'hui avec l'éclosion des Lopez ou Kamara que j'ai vu grandir au centre de formation. Avec les jeunes, ils font le boulot, mais ce n'est pas simple car la concurrence est forte et tant qu'ils n'auront pas la possibilité de recruter, chez les jeunes, les premiers choix, il ne faut pas attendre trop de résultats. Pour les pros, ils ont mis le paquet en arrivant pour se retrouver aujourd'hui en situation d'échec. « Le risque d'essoufflement est là, encore accentué par l'absence de Ligue des Champions. Or, je sais, pour l'avoir vécu, que ce n'est qu'à travers cette compétition qu'un club comme l'OM peut se régénérer ». C'est son oxygène... qui peut finir par manquer.

    Depuis quand n'êtes-vous pas revenu au Vélodrome ?

    Depuis 2014. Je ne viens même plus à Marseille, ce sont les enfants qui viennent me voir au Maroc ou en Grèce. Et ça ne me manque pas. Je me reconstruis ailleurs.

    On a du mal à vous imaginer ailleurs tellement votre nom est associé à celui de l'OM…

    Je dois tout à l'OM, où je suis arrivé à 15 ans, reparti à 58 ans, avec seulement quelques saisons de coupure à Endoume. Je ne peux rien oublier, des gentils que j'ai croisés, comme des méchants à qui je ne veux pas donner trop d'importance.

    Peut-on vous revoir un jour à l'OM ?

    Non, ça par contre, c'est sûr et certain. J'ai fait mon temps. Quand c'est fini, c'est fini. Je laisse la place à ceux qui ont l'énergie pour porter ce club au niveau où il le mérite. Selon moi, pour un dirigeant, le cycle ne doit pas dépasser cinq ans, et trois ans pour un entraîneur.

    Pensez-vous qu'un jour l'OM peut devenir l'égal d'un Manchester, d'une Juve, d'un Barça, avec la stabilité et le professionnalisme qui vont avec ?

    Je profite de mon temps libre pour visiter des clubs. J'ai été cette année à Nottingham Forest (où il a failli signer en D2 anglaise, Ndlr), je rentre de Fenerbahçe en Turquie, je suis à l'Olympiakos... et j'aimerais vraiment qu'un jour l'OM devienne un très grand club européen. Il a le nom, la marque et l'engouement, mais quand je vois tout ce qui fait la force de ces clubs là : la manière avec laquelle ils accueillent les joueurs, les mettent dans les meilleures conditions possibles, le professionnalisme à tous les é-tages, la rigueur, les temps d'entraînement etc., je me dis que le chemin est encore long...

    > Retrouvez l’entretien avec José Anigo dans sa totalité ainsi que toute l’actu de l’OM dans le magazine Le Foot Marseille, actuellement chez votre marchand de journaux.


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