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    Noël Tosi : « c’est beaucoup plus difficile d’entraîner en National qu’en Ligue 1 »

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    Interview

    Noël Tosi : « c’est beaucoup plus difficile d’entraîner en National qu’en Ligue 1 »

    28 oct. 2019

    Baroudeur sentimental

    Entraîneur depuis 33 ans, Noel Tosi a connu 19 clubs où sélections dans sa carrière. Aujourd’hui à Cherbourg (National 3) qu’il veut ramener « le plus haut possible », le technicien de 60 ans a décidé de se poser mais pas d’arrêter d’être ambitieux. Son kiff à l'ancien coach de Grenoble et Arles)-Avignon (photo), c’est de fédérer un groupe autour de lui et en tirer le maximum. C’est d’ailleurs devenu sa spécialité.

    19 clubs ou sélections et, à part à Grenoble à vos débuts, puis à Arles-Avignon quelques années plus tard, vous n’êtes jamais resté plus de deux ans…

    Vous savez que la durée moyenne d’un entraineur dans un club est de 18 mois ? ça vous donne une certaine explication… Il y a plusieurs raisons pour expliquer ma carrière. On m’a souvent appelé pour sauver les meubles, et un entraineur qui sauve les meubles est rarement un entraineur qui construit… Il reste un an, deux ans tout au plus.

    Sauver les clubs, c’est votre spécialité ?

    (Sourire) Disons que j’ai souvent réussi quand on a fait appel à moi… Je suis un sentimental et j’ai rarement dit non, ce qui explique le fait que j’ai beaucoup voyagé durant ma carrière…

    Ça ne vous a pas manqué de ne jamais avoir été un bâtisseur ?

    Je n’ai pas de regret, ma carrière m’a permis de faire de nombreuses rencontres, de découvrir des gens, des pays, des projets, toujours très passionnants…

    Aujourd’hui, vous n’êtes donc que de passage à Cherbourg ?

    Non, cette fois c’est différent… L’âge peut-être (sourire)… Je me sens bien ici et j’ai envie de construire quelque chose au côté de Gérard Gohel, qui est un président et un homme exceptionnel. J’ai envie de ramener ce club, qui le mérite, le plus haut possible…

    Le club a le potentiel ?

    Bien sûr, c’est un club où il faut bon vivre. Un club dans lequel les joueurs viennent facilement. Vous savez, Cherbourg, c’est un peu comme une île. On va à Cherbourg, on n’y passe pas…

    « Le métier d’entraîneur, c’est 85% de gestion psychologique et 15% de terrain »

    Votre qualité première, c’est de transmettre une mentalité et un état d’esprit incroyable à vos joueurs…

    Le métier d’entraîneur, c’est 85% de gestion psychologique et 15% de terrain… La semaine dernière, on gagne à Avranches en jouant à 9 contre 11 pendant 37 minutes ! On n’arrive pas à faire ce genre de résultat si on n’a pas un gros mental.

    Pour vous, c’est ce qui fait la différence parmi les entraineurs ? Quels sont ceux qui s’en sortent le mieux selon vous ?

    La référence absolue, c’est Didier Deschamps. Il a tout. La connaissance, la méthode, la psychologie, la communication… En Russie, on n’avait sans doute pas la meilleure équipe, mais il l’a fait gagner.

    Et parmi les entraineurs de Ligue 1, certains se démarquent selon vous ?

    Un garçon comme Thierry Laurey est fait pour entrainer en Ligue 1. C’est un gros travailleur, un entraîneur qui maitrise toutes les composantes du métier. J’ai eu un garçon comme Jocelyn Gourvennec comme joueur et j’ai toujours été certain qu’il ferait un très bon entraineur. Je pense qu’il a un gros potentiel. On va aussi découvrir un entraineur comme Stéphane Jobard (Dijon) qui selon moi à un gros potentiel. Un entraineur comme Tuchel fait aussi un travail remarquable pour arriver à gérer un vestiaire tel que celui du PSG…

    Le danger quand on a un gros effectif, c’est de vouloir écarter les moins performants…

    Une des priorités du métier d’entraîneur, c’est de ne jamais mettre des joueurs sur le côté. Vous pouvez toujours avoir besoin d’eux, ils peuvent aussi augmenter leur niveau de performances. Et puis c’est toujours mieux pour l’ambiance d’un groupe…

    Revenons à vous. Vous n’avez jamais entrainé en Ligue 1 et finalement assez peu en Ligue 2, ce n’est pas un manque ?

    Je n’ai jamais été obsédé par la Ligue 1. Durant toute ma carrière, j’ai fait des choix, souvent humain qui m’ont conduit dans de nombreux clubs et je ne le regrette absolument. Parfois, il faut bien le reconnaître aussi, c’était alimentaire… Je n’ai peut-être jamais entraîné en Ligue 1, mais si vous regardez mon CV, il n’y a aucun trou. Parfois, il ne faut pas se cacher, c’était aussi purement alimentaire… Ma reconnaissance, c’est l’image que j’ai pu laisser partout ou je suis passé… Regardez mon CV, vous verrez que je suis souvent retourné dans les mêmes clubs (ndlr : Noel a entrainé plusieurs fois Grenoble, Dijon, Créteil, Nîmes et Cherbourg). Croyez moi, si vous ne laissez pas des bons souvenirs, on ne vous rappelle pas…

    « Mes équipes marquent 50% de leurs buts sur coups francs (…) Plus l’adversaire me connaît, plus il en prend (rire) »

    Ligue 1, National… C’est le même métier ?

    C’est beaucoup plus difficile d’entraîner en National qu’en Ligue 1. En Ligue 1 ? vous avez tout pour réussir : un staff important et compétent autour de vous, les structures… En National, ou plus bas même, ce n’est pas toujours le cas…

    Votre marque de fabrique en tant qu’entraîneur, ce sont les coups de pied arrêtés. Vos équipes marquent toujours beaucoup sur coups francs, on vous surnomme même « le roi des coups francs »… ça vient d’où ?

    Dès le début de ma carrière quand j’entraînais Grenoble en Ligue 2 à 27 ans, on marquait beaucoup de buts sur coups francs. Depuis, c’est toujours resté, mes équipes marquent pratiquement 50% de leurs buts sur coups de pied arrêtés. Et du coup j’ai souvent eu les meilleures attaques du championnat…

    Comme arrive-t-on à cela ?

    En travaillant… On fait trois séances par semaine sur les coups francs quand beaucoup d’équipes n’en font qu’une. Une séance c’est de l’entretien, deux séances c’est du perfectionnement, trois c’est de l’entraînement... On travaille toutes sortes de combinaisons, dont certaines peuvent prêter à sourire, mais depuis plus de 30 ans, ça marche.

    Aujourd’hui encore c’est le cas avec Cherbourg ?

    Oui, on marque pratiquement un but sur deux de cette manière là…

    Pourtant, les équipes vous connaissent…

    (Sourire) Et plus elles me connaissent, plus elles en prennent… Quand je vois 10 joueurs revenir en défense, ça me fait sourire. Et quand l’adversaire laisse trois joueurs devant pour nous obliger à rester prudents, c’est encore pire… Pour moi, ça veut surtout dire qu’ils vont être moins pour défendre et qu’ils s’exposent davantage encore.

    Il y a un côté ludique dans votre façon de travailler et d’enchaîner les buts sur coups francs…

    Forcément, on y prend beaucoup de plaisir. Et c’est révélateur. Quand les joueurs vous suivent quelques soient les combinaisons, même les plus farfelus, cela veut dire qu’ils vous suivront partout. C’est un bon symbole.

    Surtout, dans le football d’aujourd’hui, c’est une véritable arme…

    Quand on voit des défenses regroupées, des équipes qui jouent très bas… c’est un moyen de débloquer la situation. Quand vous n’avez pas d’attaquants dans votre équipe, c’est aussi un moyen de marquer beaucoup de buts. C’est un geste technique qui devient de plus en plus important dans le football moderne.


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