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    Pour bien comprendre le combat d'Aulas

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    Pour bien comprendre le combat d'Aulas

    19 mai 2020

    Aleksander Ceferin lui a donné raison pour le 3 août, mais...

    Si tout le monde (ou presque) s’accorde à dire que le président de l’OL va trop loin dans sa volonté obsessionnelle de vouloir relancer la saison 2019/2020, Le Quotidien du Foot récapitule tous les éléments qui permettent d’avoir une opinion la plus objective possible sur la situation.

    Pour commencer, il faut se rappeler que fin avril, la France du foot n’est pas franchement emballée à l’idée de relancer la saison. Certains présidents sélèvent contre la reprise (Le Rémois Caillot oou le Brestois Le Saint notamment en Ligue 1) et un sondage réalisé par l’Union National des Footballeurs Professionnels (UNFP qui regroupe environ 90% des joueurs pros) fait même ressortir la crainte des principaux acteurs du monde du foot face à la reprise. Co-président du syndicat des joueurs, Sylvain Kastendeuch estime que « la reprise est prématurée » Le 20 avril, dans une tribune publiée dans Le Monde, l’ancien joueur professionnel invite à « renoncer à une reprise dans ces conditions (ndlr : les conditions sanitaires de l’époque avec le protocole prévu). Mais après plusieurs semaines de discussions et de controverses, la Ligue décide de reprendre. La saison 2019/2020 reprendra le 17 juin et se terminera avant le 3 août, conformément aux directives de l’UEFA que l’on pense alors officielles.

    Les mots du 28 avril pèsent lourd

    lors de son allocution à l’Assemblée Nationale pour présenter les grandes lignes du plan de déconfinement, le Premier Ministre explique que les championnats professionnels ne pourront pas reprendre. Sans donner de précision sur une possible date de reprise, Édouard Philippe met clairement un terme à toute possibilité de reprise mi juin comme espéré par les instances du foot en France. Les mots exactes : « la saison 2019/2020 de sports professionnels, notamment celle de football ne pourra pas reprendre ».

    Quelques heures plus tard les hautes instances du football français annoncent la fin des saisons pour la Ligue 1, la Ligue 2, le National et la D1 féminine.

    Sur quels arguments le Premier Ministre s’est-il basé pour prononcer une telle phrase ?

    Il est acquis que quelques heures avant le passage d’Edouard Philippe devant l’Assemblée, les responsables de la Ligue et de la FFF se sont entretenus avec la Ministre des Sports. Que s’est-il dit exactement ? Il s’agissait juste d’échanges pour informer la Ligue et la Fédération des décisions du Premier Ministre où Roxana Maracineanu a-t-elle subi une quelconque pression ?

    Quid de la date du 3 août ?

    Ce matin, Le Parisien révèle le contenu d’un courrier adressé par Ceferin à Aulas (le président de l’UEFA répondant au patron de l’OL) dans lequel il est spécifié que terminer la saison le 3 août n’est pas une obligation. « Quant à savoir si l'UEFA a effectivement donné à ses associations membres un délai au 3 août pour terminer leurs Championnats nationaux, la clarification suivante devrait répondre à votre question, écrit Ceferin dans sa lettre à Aulas. Les dates du 20 juillet (pour les associations classées 16 à 55) et du 3 août (pour celles classée 1 à 15, dont la France), ont été mentionnées dans les présentations faites lors des réunions avec secrétaires et présidents des 55 associations membres de l'UEFA le 21 avril et lors des réunions entre l'UEFA, les groupes de travail ECA et EL (Union des Ligues européennes). Cependant nous avons toujours mentionné lors de ces réunions que ces dates ne sont que des recommandations, formulées à titre provisoire et non pas officiel. »

    A aucun moment toutefois la Ligue ou la Fédération n’a évoqué officiellement cette date comme argument décisif pour tout arrêter. Pour les instances du foot, c’est le fait de ne pas pouvoir jouer avant plusieurs semaines qui est rédhibitoire. Les seules informations connues à ce moment-là (et encore actuellement), c’est que l’état d’urgence sanitaire (qui se terminait le 25 mai) va être prolongé (à l’époque on parle du 24 juillet) et que les matchs de football ne pourront pas reprendre avant.

    Le 9 mai, le Parlement adopte définitivement le texte de prolongation de l’état d’urgence sanitaire. Mais pas la date du 10 juillet est choisie plutôt que le 24 juillet.

    Le classement défini est-il le moins injuste ?

    Lors du comité exécutif de la Ligue de Football Professionnel, la décision est prise de figer le classement au terme de la 28ème journée. Le match Strasbourg-PSG n’ayant pu se jouer, il est alors décidé de calculer un ratio match/points pour chaque équipe. En cas d’égalité, les équipes ne seront pas départagées à la différence de buts mais aux résultats de leurs confrontations directes. Ce mode de classement, présenté comme « le moins injuste » fait des mécontents. Lyon, 5ème après 27 journées est 28ème après 28 journées et paye au prix fort sa défaite à Lille (0-1). Reims, 5ème après 28 journées, voit Nice lui passer devant à la différence particulière, comme Saint-Etienne (finalement 16ème) passe devant Dijon dans le bas du classement.

    Question : ce mode de classement est-il vraiment le moins injuste ?

    A priori, oui. Mais « à priori » seulement. En cas de victoire de Strasbourg sur le PSG, les Alsaciens seraient passés devant Reims (avec 41 points également mais un nul 0-0 à Reims et une victoire 3-0 au retour) et Nice (battu 1-0 à l’aller à la Meinau, le match retour n’ayant pas eu lieu). Laurey et ses joueurs seraient alors carrément passés 5èmes et potentiels européens ! Certes, une victoire de Strasbourg était imprévisible, mais Amiens a bien mené 3-0 contre le PSG et Strasbourg est la bête noire des Parisiens ces dernières saisons. Et puis, si Toulouse revendique la possibilité de se sauver, Strasbourg peut bien revendiquer une victoire sur le PSG dans son stade. On notera au passage qu’une victoire strasbourgeoise, même par le plus petit des scores, aurait fait reculer Lyon au 8ème rang…

    Pouvait-on (ou "peut-on") réellement reprendre ?

    Ce qui est certain, c’est que la Ligue 1 n’aurait pas pu reprendre avant le 10 juillet au plus tôt, état d’urgence sanitaire oblige. La solution pouvait toutefois (dans le meilleur des cas) se trouver dans une reprise le 11 juillet, mais avec quelles conséquences ? Notamment sur le déroulement de la prochaine saison. Un « format court » comme l’a proposé Jean-Michel Aulas avec des play-off aurait pu faire l’affaire sur le papier, mais très peu de personnes dans le monde du foot n’étaient prêtes à envisager la possibilité de voir Lyon, 28 points derrière le PSG, devenir champion ou l’OM être privé de Ligue des Champions malgré ses 10 points d’avance sur le 3ème et 16 sur l’OL… Difficile de dire que cette solution pour départager les équipes était plus juste que le classement établi au jour de la suspension de la compétition.

    Aujourd’hui où en est-on en Europe ?

    Si les Pays-Bas, la France, la Belgique et l’Ecosse (dans cet ordre) ont jeté l’éponge, la Bundesliga a repris le week-end dernier dans des conditions sanitaires très strictes. Les Espagnols, les Italiens et les Anglais s’entraînent et espèrent reprendre. Le 8 juin pour la Liga, le 15 juin pour la Série A (après la décision du gouvernement d’interdire les matchs de foot jusqu’au 14 juin) et à une date pas encore définie pour la Premier League. L’UEFA de son côté, envisage toujours de reprendre ses compétitions au mois d’août, avec des formules pas encore définies (un final four pourrait être envisagé…).

    Lyon et Paris envoyés à l’abattoir ?

    C’est un des arguments de Jean-Michel Aulas repris par les supporters de l’OL : si la Ligue 1 est le seul championnat à ne pas reprendre, JMA parle de « massacre » en Ligue des Champions pour les équipes françaises. Tout le monde n’est pas de cet avis. Le kiné du PSG par exemple, estime que cela « pourrait être un avantage ». Dans des propos rapportés par la journaliste Isabela Pagliari (pour Europe 1), Bruno Mazziotti explique : « les autres équipes vont jouer tous les 3 jours (ndlr : pour finir leur championnat), alors qu’on va s’entraîner dans cette période et être meilleur physiquement et énergiquement que les autres ».

    Alors que l’OL aura au moins un match officiel dans les jambes (la finale de la Coupe de la Ligue) en plus d’éventuelles rencontres amicales, le PSG en aura deux (les deux finale) + ses matchs amicaux. Alors oui, les clubs étrangers auront plus de rythme, mais pas forcément plus d’énergie et moins de blessés…


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