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    Quand la vente du Vélodrome redevient d’actualité…

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    Quand la vente du Vélodrome redevient d’actualité…

    21 nov. 2019

    ENQUÊTE

    Les élections municipales approchant (mars 2020), le débat sur l’avenir du Vélodrome s'invite de nouveau dans la campagne. L'enjeu du Vélodrome - faut-il ou non le privatiser ? - pourrait être une des clés du scrutin.

    « Tant que je suis là, le stade appartient toujours à la ville. Mes successeurs décideront ce qu'ils voudront. Mais tant que Gaudin est là, la ville reste propriétaire du Vélodrome ! » En août 2018, au moment de confier la gestion exclusive du Vél' à l'OM, le maire de Marseille pouvait toujours rester drapé dans ses certitudes, au fond de lui, il savait bien que le sens de l'histoire ne favorisait pas forcément un statu-quo, mais allait davantage vers un désengagement de l'état et des collectivités locales. Pour avoir les moyens de garder l'un des hauts lieux du patrimoine marseillais, peut-être aurait-il fallu, en amont, avoir une gestion plus rigoureuse des finances de la ville. Mais c'est évidemment une autre histoire. Celle qui nous intéresse, enjeu majeur d'élections municipales historiques qui mettront fin au règne de Gaudin, long de 24 ans, est aussi, et peut-être surtout, ce qui ce qui a amené les Américains à s'intéresser à l'OM : son stade.

    Vassal est contre la vente, Gilles et Payan sont pour...

    Car sans lui, sans le potentiel commercial et immobilier qu'il implique, en son sein et dans son environnement le plus proche, vers le parc Chanot notamment, jamais Frank McCourt n'aurait racheté le club phocéen. En attendant, éventuellement, de s'en porter acquéreur, le club a donc récupéré l'exploitation exclusive de l'enceinte jusqu'à la fin du partenariat public-privé (PPP) en 2045, le groupe Bouygues restant en charge de sa maintenance lourde, Arema ne conservant qu'un rôle de coordination. Voilà pour la réalité d'un présent qui ne satisfait pas la plupart des candidats à la succession de Jean-Claude Gaudin, tous bords confondus. Ainsi deux membres des Républicains s'opposent sur la question. Bruno Gilles est prêt à vendre le stade à la Métropole ou à son utilisateur, l'OM, car « de toute façon, il n'appartient déjà plus aux Marseillais qui versent 10 M€ par an au concessionnaire (Are-ma) et qui doivent encore payer plus s'ils veulent le réserver pour la fête des écoles ! » Martine Vassal y est par contre farouchement opposée qui estime que « Marseille est une ville différente, unique. Il y a des lieux symboliques qui nous unissent, qui touchent au cœur chaque Marseillais, et le stade Vélodrome en est un. C’est un lieu de communion entre tous les Marseillais, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent. Le stade Vélodrome fait partie à part entière de notre patrimoine. Il appartient à tous les Marseillais et est un facteur d’attractivité et de dynamisme pour la ville. Il n’est donc pas question de le vendre au tout venant et je suis scandalisée que l’on puisse dire que la Ville va vendre le stade. Si demain les électeurs m’élisent comme maire de Marseille, j’appliquerai la même méthode que celle que je mets en œuvre aujourd’hui à la tête du Département et de la Métropole : le pragmatis-me. Je n’agis pas par idéologie, mais avec la conscience de la dépense publique, du résultat et de l’intérêt de la population. En ce sens, je pense qu’il faut prévoir des aménagements pour les habitants du quartier du stade Vélodrome afin de leur rendre la vie plus facile, notamment en matière de circulation et de stationnement. En l’état actuel des choses, je suis pour ma part totalement opposée à cette vente du stade Vélodrome. »

    Satisfait d’avoir pris la main sur le stade, McCourt est en position de force

    Dans l'opposition, à l'instar de son ancien candidat, Patrick Mennucci qui était déjà favorable à la vente en 2014, Benoît Payan, président du groupe socialiste au conseil municipal, regrette « la vision conservatrice de Martine Vassal ». Et poursuit : « si elle a raison de rappeler que le stade est un des symboles de la ville, cela ne doit pas nous exonérer d'une réflexion intelligente, moderne et efficace de l'argent public. Oui, il faut vendre le Vélodrome, à son principal et désormais unique utilisateur, l'OM, ou au seul échelon pertinent de financement et de gestion, la Métropole. » L'élu pointe ensuite le coût exorbitant de la rénovation du stade, les 93 M€ de sur-facturation sur les intérêts financiers. Il parle de « frein au développement de Marseille, un handicap hérité d'une vision passéiste des projets, des équipements et de l'intérêt général de tout un territoire. » Il conclue : « flatter les sentiments, c'est bien, gérer Marseille, c'est mieux ! » Dans la même logique financière, Bruno Gilles, candidat LR, serait ainsi prêt à entrer en discussion avec le clan McCourt, à lui faire des propositions concrètes « pour arriver à trouver un prix intéressant pour tout le monde, une solution sage si personne n'est trop gourmand, parce que la logique et l'histoire voudraient que le stade appartienne à l'OM ». Sauf que maintenant que le club phocéen a réussi à obtenir l'exploitation exclusive de l'enceinte du boulevard Michelet, après avoir menacé de le quitter et de construire son propre stade ailleurs, il n'est plus aussi urgent et stratégique de s'en porter acquéreur. Pas sûr non plus qu'aux 300 M€ déjà dépensés pour racheter le club et recruter l'homme d'affaires américain ait beaucoup plus de marge pour acheter un stade qui, à défaut de lui rapporter beaucoup, ne lui coûte rien, ou pas grand chose (voir encadrés). Trois ans après son arrivée sur la Canebière, McCourt est déjà satisfait d'avoir pris la main sur le stade. Il en avait fait une priorité, et avait mis la pression sur le président Eyraud en ce sens. Désormais, la balle n'est plus dans son camp, mais bien dans celle des politiques qui ne seront pas forcément en position de force s'ils doivent revenir vers le boss de l'OM. En 2020, les promesses électorales pourraient une fois de plus se fracasser sur l'implacable réalité économique.

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