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    Qui détient les clubs de Ligue 1 ?

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    Qui détient les clubs de Ligue 1 ?

    31 juil. 2020

    L'anaylse économique de Robert Lafont (patron d'ENTREPRENDRE)

    Le football devient un outil de communication majeur. Il est trop négligé par nos entrepreneurs. Les fonds internationaux et américains investissent à tout va dans les clubs français. Après Toulouse, Caen va être racheté par un consortium de Los Angeles ! Les droits télé explosent de 60 % !

    Y aura-t’il bientôt  encore un club de foot professionnel de Ligue 1 sous pavillon français dans les années qui viennent ? La question peut être posée après l’arrivée prochaine d’un consortium d’actionnaires largement américains pour reprendre le Stade Malherbe de Caen, qui évolue désormais en Ligue 2. Le club normand présidé par Fabrice Clément sera cédé au fonds de Los Angeles Oaktree qui devrait investir dans le club du Calvados quelques 15 millions d’euros. Une manne bienvenue trouvée par le dynamique producteur télé Pierre-Antoine Capton, président de Mediawan ( soutenu par Xavier Niel, le président de Free et le banquier d’affaires Matthieu Pigasse ). Originaire de Trouville (14), Capton pourrait devenir président et être  assisté par Olivier Pickeu, Directeur Général et aussi par Jean-Francois Fortin, l’ex patron historique du club, ex président des Maîtres Laitiers du Cotentin. Cette annonce surprise intervient quelques jours après l’arrivée du fonds américain Redbird Capital Partners pour mettre la main sur le Toulouse Football Club détenu depuis 20 ans par l’entrepreneur Olivier Sadran, président du groupe de restauration collective Newrest, qui conserve 15% du Tefece.
    Cela commence à faire beaucoup après la cession de l’Olympique de Marseille à l’homme d’affaires de Boston, Franck Mc Court (qui a déjà mis 220 millions d’euros, dont 48 millions pour le rachat , dans le club phocéen) ou celle du vénérable club des Girondins de Bordeaux cédés eux aussi à un fonds américain KingStreet (même si  une rumeur de rachat  par l’homme d’affaires Bruno Fievet, un financier de 51 ans associé à des entrepreneurs locaux  est sortie durant l’été). On sait aussi que le LOSC, le club de Lille présidé par l’habile Gérard Lopez, qui avait  investi dans Skype et l’écurie de F1 Lotus, est l’objet d’un complexe montage financier international sans parler de son voisin le Racing Club de Lens détenu par le financier franco -libanais  Joseph Oughourlian, président d’Amber capital qui a déjà investi 40 millions d’euros dans les Sang & Or, et est également propriétaire du club de Padoue en Italie. L’Olympique Lyonnais, seul club français  coté sur Euronext,  qui a fait appel à un fonds chinois IDG minoritaire est certes encore contrôlé par Jean-Michel Aulas  allié au clan Seydoux. On a appris récemment que le Bahreïn devenait actionnaire même minoritaire du Paris FC (Ligue 2) pour à peine 5 millions d’euros aux côtés du consultant social Pierre Ferraci. A Nice, c’est le milliardaire Jim Ratcliffe, magnifique patron du groupe pétrochimique Ineos qui a déjà investi 100 millions d’euros sur l’OGC Nice pour faire des Aiglons une place forte du ballon rond. (Il négocie aussi le rachat de l’usine Smart en Moselle pour sa nouvelle marque de 4x4 électrique, Grenadier).
    Cela commence à faire beaucoup . Certes , on le sait, le football pro devient un business International. La  première League britannique donne un bel exemplaire d’ouverture aux capitaux étrangers, contrairement à la Liga espagnole contrôlée encore majoritairement par les socios comme au Real de Madrid ou au FC Barcelone. L’Allemagne, de son côté, a carrément interdit toute prise de contrôle d’un club  de Bundesliga par un groupe étranger. Au moins, c’est clair. Faudra-t’il ériger bientôt une statue à nos patrons de clubs résistant aux sirènes du financement étranger à l’instar des Nicollin à Montpellier , au tandem Bernard Caiazzo et Roland Romeyer à Saint-Etienne, à  Said Chabane ( entreprise agroalimentaire Cosnelle) au Sco Angers , ou à Rani  Assaf ( numéro deux de Free)à Nîmes Olympique, Waldemar Kita (Laboratoires Vivacy)  au FC Nantes, au président du FC Metz, Bernard Serin , président de l’aciériste Cockerill, ou  Bruno Delcourt, président de la Dijonnaise de Voies Ferrées à Dijon (DFCO), Denis Le Saint président de Sainfruits  au FC Brest ou Marc Keller au RC Strasbourg qui a fédéré  des entrepreneurs alsaciens.

    Ne négligeons pas ce merveilleux outil de communication qu’est devenu le football

    Pourquoi pas, il serait tout de même dommage de voir qu’aucun de nos grandes entreprises ou entrepreneurs ne songent à investir massivement sur un club, avec tout le potentiel médiatique que cela apporte. On se souvient du succès de Canal Plus avec le PSG il y a quelques années et des déboires de Jean-Luc Lagardère au Matra-Racing . En dehors de Bernard Tapie, puis Robert Louis Dreyfus  à l’OM, aucun entrepreneur d’envergure genre Bernard Arnault ou Vincent Bolloré ne s’est encore aventuré dans l’investissement massif sur un club professionnel. C’est dommage. Certes Francois Pinault a accepté de casser une de ses nombreuses tirelires pour remettre en selle le Stade de Rennes, mais c’est plus par solidarité avec sa région de Bretagne que par volonté d’en faire un géant sur la hiérarchie européenne, même si heureusement les choses évoluent. Un club comme le Stade de Reims, relancé avec mérite par le valeureux transporteur , Jean-Pierre Caillot, mériterait d’être poussé par l’une grande maison de champagne genre Taittinger ou Lanson. Cela aurait de la gueule à l’international .
    J’avais essayé pour ma part d’investir, en 2009 ,sur le FC Lorient juste avant que le financier Loic Ferry ne prenne la main . En train de lancer en kiosques Le Quotidien du Foot (version papier), j’estimais à juste titre que l’impact médiatique était intéressant. Malheureusement l’arrêt prématuré, au bout de 6 mois, du deuxième quotidien sportif (intervenant après celui de mon ami Michel Moulin , qui avait lancé aussi de son côté Le 10 Sport, avant de l’arrêter également, s’étant heurté aux mêmes problèmes de distribution chez les Relay notamment ) nous a conduit à ne pas confirmer le rachat du club auprès de son président Alain Le Roch , président des laboratoires AES.
    Nos entrepreneurs ont-ils saisi le formidable impact et la résonance profonde d’un club dans l’opinion en France   comme à l’international. Certes encore faut-il avoir des résultats. Après tout, personne n’oublie encore aujourd’hui la marque de poulets Duc ( pourtant disparue) de Gérard Bourgoin à Auxerre quand le créateur du mouvement patronal FEEF s’était investi en Bourgogne avec le concessionnaire auto Jean-Claude Hammel et un certain Guy Roux à l’AJA, repris aujourd’hui par un groupe d’emballages chinois à l’instar de son cousin doubiste, l’historique club du FC Sochaux racheté par l’obscur Nenking. Club resté longtemps dans le giron de Peugeot, même si la marque au lion ne sut pas vraiment en faire une vitrine pour l’international mais plutôt un outil de motivation pour ses salariés du grand Est. Une occasion manquée contrairement à son géant allemand, le groupe Volkswagen avec le Vfl Wolfsburg.
    Le football pro demande certes un risque que rechigne à prendre beaucoup de managers contrairement aux entrepreneurs familiaux et régionaux. Il n’est jamais trop tard pour inverser la tendance. Ne négligeons pas ce merveilleux outil de communication qu’est devenu le football, tant au plan régional, national qu’international !


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