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    Toutes les vérités d'Aulas

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    Toutes les vérités d'Aulas

    8 mai 2020

    « Pourquoi ces décisions ont été prises et par qui ? »

    Très présent dans les médias depuis le début du confinement et la suspension du championnat, Jean-Michel Aulas a trouvé dans ses propres médias une tribune ouverte pour dire ses quatre vérités. Extraits point par point comme présenté sur le site officiel de l’OL.

    LA PANDÉMIE QUI FRAPPE LE MONDE 

    « Certains ont osé dire que nous nous battons seulement pour des millions. J’ai été profondément choqué par ces propos. Par le biais d’OL Fondation, nous avons été le premier club en France à agir et nous avons réussi à collecter via une plateforme de financement participatif plus de 500 000 euros pour aider notre communauté et faire des dons aux chercheurs, médecins, malades, sans abris... »

    LE RETOUR DU FOOTBALL EN ALLEMAGNE ET BIENTÔT DANS D’AUTRES PAYS EUROPÉENS 

    « Avant-hier (NDLR : mercredi 6 mai), la Bundesliga a pris un certain nombre d’orientations qui ont été confirmées par Madame Merkel. J’avais une réunion avec l’ECA. Il y avait cinquante et un pays européens présents ou représentés. Seuls la Belgique, le Luxembourg, les Pays Bas, Gibraltar et la France ont pris la décision d’arrêter leur championnat. Certains pays ont eu des situations aussi importantes qu’en France et parfois plus exacerbées que chez nous. Ils trouvent pourtant des solutions (…) L’UEFA a donné un certain nombre de consignes : ne pas se précipiter et faire jouer le mérite sportif jusqu’au bout. »

    SUR LA DÉCISION D’ARRÊTER LE FOOTBALL EN FRANCE

    « Il faut repartir de la genèse de cette affaire et notamment des déclarations d’Edouard Philippe mais également de Madame la Ministre des Sports qui a très bien défini les choses. Elle a dit : « sur le scénario proposé par la LFP, il y avait une deadline qui était celle du 3 Août, date imposée par l’UEFA. ». Après vérification et confirmation par l’UEFA et l’ECA, on a eu la confirmation qu’il n’y avait pas eu cette date imposée par l’UEFA. Aujourd’hui, un certain nombre de championnats imaginent terminer courant août et peut être même début septembre. A partir de là il aurait été possible, non pas de démarrer le 14 mai ou le 2 juin, mais d’attendre. Il fallait attendre le protocole sanitaire qui convenait au Ministre de la Santé, de voir comment les Allemands ont réussi le retour à l’entraînement individuel puis collectif, puis d’observer, à partir d’un protocole qui est extrêmement précis et très protecteur pour les athlètes et pour les staffs (…) Il fallait aussi sécuriser l’ensemble des recettes du foot français, ce qui n’a plus été le cas à partir du moment où il y a eu une décision de Canal + d’arrêter de manière tout à fait impérative le championnat pour ne pas avoir à payer les 300 millions qui restaient à devoir, avec les autres opérateurs, au football français. Ceux qui ne voulaient pas payer ont activé la décision d’arrêter. Ceux qui devaient décider s’appuyaient sur la décision des diffuseurs de ne plus diffuser pour prendre une décision qui était beaucoup trop prématurée. »

    « Une compétition ne peut pas être traitée par des formules mathématiques en cas d’interruption »

     SUR LES CONSÉQUENCES DE L’ARRÊT DU FOOTBALL PROFESSIONNEL EN FRANCE

    « C’est vrai que peu de clubs avaient pris conscience de ce qui allait arriver, c’est-à-dire une catastrophe économique. Le football français n’est pas sûr de se remettre de cet arrêt prématuré. Rien ne méritait qu’on prenne une décision d’arrêter. J’estime qu’il y aura entre 700 et 900 millions de déficit. L’Etat français a accordé un PGE de 235 millions d’euros à la Ligue. C’est formidable, comme le fait que l’Etat ait accordé un chômage partiel pour les sportifs. L’Etat doit être remercié pour ces dispositions. Mais c’est un prêt et il faudra le rembourser. Je ne sais pas si tous les clubs vont pouvoir s’en remettre. »

    SUR UN SCÉNARIO DE REPRISE PROCHAINEMENT SI LES CONDITIONS SANITAIRES LE PERMETTENT

    « Pourquoi ne pourrait-on pas revenir en arrière ? Si l’UEFA appelle la Fédération et la Ligue pour regarder exactement ce qui a été dit, à savoir que la date du 3 août n’a jamais été une obligation pour la LFP… L’UEFA a indiqué qu’elle serait amenée à prendre des décisions pour des pays qui auraient pris des initiatives différentes de ce qu’elle aurait souhaité. Je ne suis pas là pour prendre des décisions, je suis là pour contester des décisions trop hâtives qui mettent en difficulté le football 

    SUR LA MÉTHODE DE CLASSEMENT UTILISÉE

    « Il y a au départ un championnat de 38 journées avec, comme le dit le règlement de la LFP, 19 journées aller et 19 journées retour. Au bout de la 28ème, on décide qu’on va faire un certain nombre de calculs avec un classement basé sur des formules mathématiques et des arabesques. L’OL était à ce moment-là 7ème du championnat. On aurait dû mieux faire. Mais ce n’est pas parce qu’on aurait pu mieux faire et dû mieux faire qu’il fallait nous supprimer la perte de chance de pouvoir mieux faire.

    Une compétition ne peut pas être traitée par des formules mathématiques en cas d’interruption. Le sport c’est aussi une glorieuse incertitude. On doit laisser les choses se faire en droit comme en état d’esprit. Quand on regarde la méthode de classement utilisée : Nice a joué 32 matchs cette année (OL : 44), a joué 15 fois à domicile en championnat (OL : 13 fois) et devait jouer encore Paris Marseille et Lille. Nice se retrouve 5ème alors qu’il était 6ème après la 28ème journée.

    L’Etat français, pour venir au secours de la Ligue et de la Fédération sur les choix faits, vient de présenter une proposition d’aménagement de loi qui va être discutée à l’Assemblée. Cela vient dédouaner la Ligue et la Fédération des décisions qu’ils ont prises. Si une loi est mise en place pour légitimer ce qui a été décidé, c’est que ce n’est pas en relation avec l’esprit.  Je suis intéressé par savoir ce que députés et sénateurs vont répondre à ça. »

    SUR LES RECOURS INTENTÉS PAR L’OL

    « Le premier recours est auprès du Tribunal Administratif de Paris pour permettre qu’on puisse envisager de reprendre à très court terme le championnat. La décision prise par le Ministère est basée sur une date obligatoire au 3 août qui n’existe pas à l’UEFA. Je pense qu’on peut examiner en détail, y compris avec les services du Premier Ministre et du Ministre de la Santé, le protocole sanitaire adopté dans les pays européens qui est en train d’être validé par l’UEFA pour voir s’il y a une possibilité de reprise.

    Le deuxième recours concerne les modalités d’arrêt du championnat. Si on ne peut pas reprendre, il faut voir si les décisions prises ont été légitimes. L’argent n’est pas le souci majeur. Depuis plus de trente ans, avec les filles comme avec les garçons, nous sommes allés du plus bas au plus haut niveau avec des décisions, sur le plan sportif et économique, différentes de ceux qui peuvent se poser aujourd’hui la question de continuer l’activité demain. »

    SUR L’INTÉRÊT GÉNÉRAL DU FOOTBALL FRANÇAIS

    « Il ne s’agit pas de millions (NDLR : pour l’OL). Il s’agit d’abord d’un certain nombre de décisions dans l’intérêt général du foot français. Ensuite, il s’agira de regarder dans le détail si un certain nombre de clubs ont pu être désavantagés mais aussi si certains clubs ont pu être avantagés. Ce qui me surprend toujours, c’est qu’on vient me reprocher d’avoir été probablement pénalisé par des décisions mais on ne s’interroge pas pour savoir pourquoi elles ont été prises et à qui elles profitent ? »


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