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    Un grand joueur sait-il tout mieux que tout le monde ?

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    Un grand joueur sait-il tout mieux que tout le monde ?

    26 févr. 2019

    La dérive des consultants...

    La chronique de Stéphane Désenclos, rédacteur en chef du Quotidien du foot.

    Avoir été Champion du monde, remporté la Ligue des Champions ou tout simplement quelques sélections en équipe nationale fait-il de vous un véritable spécialiste du football ? Il ne vous a sans doute pas échappé que les consultants se multiplient de façon exponentielle par rapport aux nombres de chaines qui fleurissent. Canal+ a lancé la mode dans les années quatre-vingts, suivi depuis par BeInSport, M6, W9, Eurosport, RMC… sans parler des radios. Longtemps à l’abris de cette mode qui fait que des anciens grands joueurs (on insistera sur la paire formée par ces deux mots) avaient pris l’habitude de dire tout haut ce qu’ils pensent de ceux qu’ils considèrent comme leurs héritiers (mode très rependue en Angleterre et en Allemagne), la France a fini par tomber dedans. Il y a encore 15 ans, les consultants étaient engagés par les médias pour expliquer une action, faire ressentir une situation déjà vécue, analyser techniquement une phase de jeu… Aujourd’hui, sans doute un peu grisés par la gloire (oui la gloire, n’ayons pas peur des mots) rencontrée sur les terrains, certains franchissent allègrement le pas entre leur rôle et celui des entraineurs.

    Il est de plus en plus fréquent d’entendre tel consultant replacer les joueurs d’une équipe sur le terrain, tel autre juger que tel joueur doit laisser sa place ou, pire encore, envoyer des conseils directs aux hommes de banc. Et s’ils ne les suivent pas, c’est à leurs risques et périls. Les deux derniers exemples les plus marquants qui viennent à l’esprit sont ceux de Christophe Dugarry et Franck Leboeuf. Pour le premier, ça commence à dater. En mai dernier au moment de l’annonce de la liste des 23 Bleus pour la Coupe du monde, le champion du Monde 98 déclarait haut et fort que Didier Deschamps « prenait l’équipe de France en otage » en ne sélectionnant pas Karim Benzema. Il ignorait sans doute, Christophe Dugarry, que Deschamps misait plus sur l’état d’esprit, la notion de groupe… que le simple talent individuel. Il ignorait sans doute aussi qu’un gamin de 19 ans allait révolutionner l’attaque des Bleus. On pensait que le « cas Dugarry » allait faire jurisprudence… et bien non. Il y a quelques jours, Franck Leboeuf, autre illustre champion du Monde 98, implorait Tuchel de ne pas faire jouer Verratti à Old Trafford lors du match aller des huitièmes de finale de la C1. « Monsieur Tuchel ne faites pas jouer Verratti contre Manchester United, il ne sera pas prêt, lançait le consultant de RMC. Déjà, quand il est en pleine bourre, il ne peut pas tenir plus d’une heure. Même s’il joue 45 minutes contre Bordeaux, il va jouer combien de temps à Manchester. C’est un combat là-bas. Il faut y aller avec des joueurs à 100%» Le plus incroyable n’est pas qu’il ait eu tort à 2000% sur ce coup, puisque Verratti a été un des meilleurs joueurs sur la pelouse d’Old Trafford. Ce qui dérange, c’est que Leboeuf pense être plus à même de décider si Verratti doit jouer ou pas. On vous rassure M. Leboeuf, Thomas Tuchel, coach recruté par l’un des plus grands clubs d’Europe pour aller le plus loin possible en C1, n’avait aucune intention de perdre à Old Trafford. Comme on aurait pu rassurer Dugarry il y a 8 mois en lui expliquant que Didier Deschamps, compétiteur parmi les compétiteurs, ne voulait pas rentrer de Russie au bout de quinze jours.

    Et vous savez ce qui est le plus grave dans tout ça ? C’est que Dugarry n’a pas servi de leçon à Leboeuf, qui ne servira pas de leçon au prochain…


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