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    Vitré croit à l'exploit contre Nantes

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    Vitré croit à l'exploit contre Nantes

    6 mars 2019

    > AS Vitré (Nat.2) - FC Nantes (18h30 à Laval)

    Pour la première fois de son histoire, l’AS Vitré va jouer ce soir un quart de finale de Coupe de France. Le club de National 2, joli symbole du football amateur, n’est pas résigné, loin de là.

    S’il est un club amateur par excellence, c’est bien l’AS Vitré. Ici, on s’entraîne seulement trois fois par semaine, presque au même rythme qu’un simple club de district. Le club de la banlieue de Rennes (environ 600 licenciés) s’est pourtant de se distinguer en se qualifiant pour les quarts de finale de la Coupe de France après avoir renversé Lyon Duchère (National). Un paradoxe avec la situation en championnat pour les hommes de Michel Sorin, qui a succédé à Joël Cloarec (pendant 11 ans entraîneur de l’AS Vitré), qui se battent pour sauver leur place en National 2. L’ancien joueur pro passé par Laval (il a fait partie de l’équipe qui a créé l’exploit d’éliminer le Dynamo de Kiev de Blokhine et Zavarov en Coupe de l’UEFA 83/84) a assez d’expérience pour savoir qu’en football tout peut aller très vite. Toujours sur le fil, l’AS Vitré a déjà sauvé sa place en National 2 il y a deux ans grâce à l’intervention de là DNCG qui a rétrogradé Colmar en National 3 et donc repêché les Bretons. Et ce n’est pas parce que le club proche de Rennes (43 kilomètres séparent les deux communes) ne se voit pas en National, que l’exigence de résultats est absente. « Quand je suis arrivé, l’objectif était de remonter le plus vite possible en National 2, puis de pérenniser le club à ce niveau », explique Michel Sorin. « Le National, ce ne serait pas vivable pour un club comme Vitré. Economiquement, c’est très compliqué ».

    Sorin : « j’espère qu’il y aura des ondes positives… »

    Pour l’instant, c’est le National 2 que le club breton essaye de rendre viable, notamment en intégrant de nombreux jeunes formés au club en équipe première.

    Tranquillement mais sûrement, l’AS veut vivre des jours heureux dans la 4ème division nationale. Ici, les joueurs viennent d’abord pour le cadre de vie. La ville de 18 000 habitants est réputée pour son taux de chômage particulièrement bas (environ 5%) et sa douceur de vivre. « On a la chance d’être tout à côté de Rennes. Les joueurs qui sont ici ont pour beaucoup fait el choix de rester amateurs. Ils s’installent ici parce qu’il fait bon vivre ». Cela n’empêche pas le talent d’être au rendez-vous. Comme la ville, l’AS Vitré a bonne réputation. Beau jeu, structure de qualité, encadrement de haut niveau, le club est devenu une place sûre du football breton, se permettant même des campagnes mémorables en Coupe de France. Déjà lors de la saison 2008/2009, les Vitréens s’étaient distingués avec trois clubs de National à son tableau de chasse avant une défaite en 8èmes de finale contre Sedan, alors en Ligue 2. Cette saison, c’est un autre pensionnaire de Ligue 2, Le Havre qui s’est fait littéralement corriger (3-0) par les Bretons, avant un véritable tour de force contre Lyon-Duchère (menés 0-2 après 20 minutes, les hommes de Sorin ont gagné 3-2). Une incroyable aventure humaine qui pourrait donner envie à Michel Sorin de s’investir davantage dans le club ? La saison dernière, il se forçait à ne pas trop s’impliquer dans la vie du club. « Je me contente de gérer l’équipe première et l’ensemble des éducateurs des équipes séniors. Je préfère ne pas prendre plus de responsabilités au sein du club. Nous faisons un métier qui est dépendant des résultats avant tout, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Personnellement, je me plais beaucoup ici, ça fait longtemps que je suis installé à Rennes. Mais en football tout peut aller très vite. Il peut être dangereux de vouloir réformer le club sportivement de fond en comble et se retrouver obligé de partir un an après... » expliquait l’ancien joueur du Stade Rennais qui a la particularité d’avoir ses deux fils au sein de l’effectif : Arthur, défenseur de 33 ans, et Eliott, milieu de terrain de 25 ans.

    En mai dernier, on ne misait d’ailleurs pas cher sur l’avenir de l’ancien pro à la tête du club. En fin de contrat, il avait poussé un coup de gueule contre les conditions d’entraînement, et notamment le besoin de créer un nouveau terrain synthétique. Après avoir obtenu quelques garanties, le Mayennais a finalement rempilé pour deux ans. Petit clin d’œil au destin : c’est à Laval, le 6 mars prochain que l’AS Vitré accueillera le FC Nantes. Là même où, il y a 35 ans, et quelques mois (le 28 septembre 1983 exactement), Laval écrivait son histoire en éliminant le Dynamo Kiev de la Coupe d’Europe. « J’ai connu des émotions extraordinaires dans ce stade. Obligatoirement, j’y ai pensé ces derniers jours, se souvient Michel Sorin. J’espère qu’il y aura des ondes positives ».

    En tout cas, les amateurs sont loin d’être résignés avant de jouer contre le FC Nantes. « Les exploits en 16èmes et en 8èmes de finale nous ont donné confiance et nous permettent de croire en nos chances », insiste Kevin Aubeneau, capitaine d’une formation portée par une bonne étoile. Depuis le début de la compétition, le destin est venu leur donner des petits coups de pouce. Comme lors du premier tour qu’ils ont passé aux tirs au but alors qu’ils étaient réduits à huit en fin de match. Et si ça durait face à Nantes ?

     


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