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    Radonjic , L’année ou jamais

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    Radonjic , L’année ou jamais

    26 août 2019

    MAGAZINE

    Un an après son arrivée, l'attaquant international serbe de 23 ans n'a toujours
    pas démontré l'étendue de ses qualités. Le temps presse pourtant s'il ne veut
    pas enrichir la liste des erreurs de casting de l'OM. C'est maintenant ou jamais.

    Les 12 M€ qu'a dépensés l'OM la saison passée pour se payer le jeune international, grand espoir du football serbe, ne sont pour le moment pas justifiés. Barré par Ocampos sur son côté gauche de prédilection, Nemanja n'a pu s'exprimer que par intermittence, utilisé à 22 reprises toutes compétitions confondues, pour seulement 905 minutes de jeu effectif, une seule passe décisive et toujours pas de bras levés après un premier but inscrit. Si ce bilan très moyen a suffi pour l'envoyer ailleurs cet été, attiser les rumeurs, et en faire une potentielle énième erreur de casting, il n'a pas refroidi le principal intéressé qui garde confiance en lui, et est persuadé qu'il peut trouver sa place dans le système de Villas-Boas, à la philosophie de jeu plus proche de son profil de joueur d'impact, rapide et capable de faire de grosses indifférences individuelles. Mais aussi capable de beaucoup de déchets techniques, de sautes de concentration et de mauvais choix tactiques. Son énorme loupé lors du dernier Euro Espoirs disputé avec la Serbie, face à l'Autriche, alors qu'il est seul à cinq mètres du but face à des buts vides, illustre assez bien les faiblesses plutôt mentales de l'Olympien passé par l'Etoile Rouge de Belgrade. Sous contrat jusqu'en 2023, il est un investissement que les dirigeants marseillais n'entendent pas brader, ni abandonner. Au contraire, le discours du président Eyraud insiste sur une philosophie qui doit faire la part belle aux jeunes à fort potentiel. Il en a convaincu Villas-Boas, qui lui même la partage avec Zubizarreta. Le départ de Clinton Njie (Dynamo Moscou), qui était un des concurrents au poste, libère une place et peut lui permettre d'augmenter son temps de jeu dans un groupe où il s'est tout de même bien intégré malgré ses faibles performances et ses stats faméliques « qui ne correspondent pas à son talent », insiste l'ancien olympien Sonny Anderson (1993-1994), consultant BeIn Sports, « mais témoignent d'encore trop de fébrilité mentale. C'est en étant plus mature qu'il pourra mieux exploiter ses qualités. Pour le moment, il manque de con-fiance, de temps de jeu. Un enchaînement des matches, quelques buts ou actions marquantes, dont il est capable, peuvent suffire pour le lancer, aux yeux de ses partenaires, mais surtout dans sa tête, parce qu'un attaquant sans confiance ne peut pas bien jouer. Parce qu'il va très vite, est très bon techniquement donc il n'y a pas de raison... »

    En Serbie, où tout le monde le connait, où la presse guète ses apparitions sous le maillot de l'OM, on se désespère de le voir confirmer ses énormes qualités et ses récentes performances avec les Espoirs, rapidement éliminés de l'Euro avec trois défaites, un seul but marqué et dix encaissés, ont suscité beaucoup de critiques pour une génération porteuse de beaucoup de promesses et où Radonjic est, avec le néo-Madrilène, Luka Jovic, un des portes-drapeaux.

    Flashé à 34,2 km/h avec Belgrade, il est à l’arrêt

    Personne n'a oublié que lorsqu'il était encore à l'Etoile Rouge Belgrade, au début de la saison 2018/2019, pour les barrages de qualification à la Ligue des Champions, avant de rejoindre l'OM, il avait été chronométré à 34,2 km/h ballon aux pieds, ce qui en faisait le troisième joueur le plus rapide de la compétition, derrière le défenseur néerlandais de Liverpool Virgil van Dijk (34,5 km/h) et l'Allemand de Manchester City, Leroy Sane (34,4 km/h). Sa pointe de vitesse est donc un atout indéniable « qu'il doit apprendre à maîtriser, poursuit Anderson, à contrôler, pour ne pas se laisser emporter dans des dribbles qui ne mènent nulle part. Je fais confiance à Villas-Boas pour le faire progresser et le pousser à lever la tête à la sortie de ses dribbles, pour faire les bons choix, terminer au moins ses actions et gagner en lucidité devant les buts. Il est jeune, il ne peut que s'améliorer dans ce secteur. » Le Brésilien est rejoint dans son analyse par l'ancienne star serbe de l'Inter et de la Lazio Rome, Dejan Stankovic, qui déclarait dans la presse de son pays en fin de saison : « Nemanja doit comprendre qu'il n'est plus dans la Super League serbe, mais dans un des meilleurs championnats européens, au con-tact de défenseurs aguerris, face auxquels il doit donner le ballon plus rapidement. »

    Garcia, qui est à l'origine de sa venue, après la Coupe du Monde 2018, n'a pas vraiment su placer son joueur sur orbite. Villas-Boas a une bonne occasion de démontrer son savoir faire, de pousser le Serbe de 23 ans à sortir de sa zone de confort, à canaliser son jeu pour l'adapter aux exigences de la L1. Longtemps catalogué comme l'enfant terrible du football serbe, qui se reposait sur ses qualités naturelles sans se remettre en cause, Nemanja Radonjic n'a plus beaucoup de crédit à sa disposition pour éviter de passer dans le camp des éternels espoirs qui n'ont jamais confirmé. A le regarder évoluer à l'entraînement, éliminer Lopez d'un joli dribble derrière sa jambe gauche, à la manière d'un Cristiano Ronaldo, avant de marquer d'une frappe sèche et pleine de maîtrise, on se dit qu'il serait dommage que trente ans après Dragan Stojkovic, l'OM ne profite pas du talent si unique de celui qu'on a très vite qualifié de nouveau Stojkovic du côté de Belgrade. En l'alignant régulièrement sur le côté de son animation offensive pendant les matches de préparation, le nouveau coach phocéen semblait en tout cas croire en lui, et attendre le bon moment pour lui offrir l'occasion de montrer qu'à 23 ans il était en passe de franchir un palier, de laisser derrière lui les errances du passé, et de marquer enfin son premier but en L1 pour l'OM. Parfois, un simple déclic suffit.

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