En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.

Ecrivez sur votre club L'actualité de votre club
    Dominique Bathenay sur les heures de gloire de Saint-Etienne : « on a eu le temps d’exister »

    Saint-Etienne

    RETRO

    Saint-Etienne

    Dominique Bathenay sur les heures de gloire de Saint-Etienne : « on a eu le temps d’exister »

    14 févr. 2019

    INTERVIEW EXCLUSIVE

    Parce que le foot n’est pas né aujourd’hui, Le quotidien du foot ouvre sa rubrique « rétro ». Un voyage dans le temps pour se rappeler les plus grandes épopées ou les plus grands matchs de l’histoire. Pour cette première, nous avons rencontré Dominique Bathenay qui revient, en exclusivité, sur l’incroyable aventure des Verts dans les années soixante-dix, avec notamment la finale de Glasgow face au Bayern en 1976.

    C’est un des joueurs emblématiques de l’épopée des Verts en Coupe d’Europe. Ses frappes de balle phénoménales, son abattage physique exceptionnel, sa générosité sur le terrain et sa frappe sur les poteaux (carrés) de Glasgow, en ont fait un joueur de légende. 40 ans après, il porte un regard plein de fierté mais très lucide sur l’une des plus pages d’histoire du football français.

     

    Avec le recul Dominique, quel sentiment éprouvez-vous en repensant à l’épopée des Verts ?

    De la fierté. La fierté d’avoir appartenu à ce groupe exceptionnel. On parle beaucoup de la finale de Glasgow, mais c’est une aventure européenne qui s’est étalée sur deux ou trois ans. Je suis fier d’avoir participé à cette épopée. L’aboutissement, ce sera cette finale que nous avons malheureusement perdue, mais il s’est passé beaucoup de chose avant.

    Vous êtes devenu pratiquement immortels après cette finale que vous avez pourtant perdue…

    Je crois que les gens ne voient pas que la finale. Comme je le soulignais, c’est l’ensemble de l’aventure européenne qui est aujourd’hui dans la mémoire collective. Il y a eu des exploits, des grands moments de communion avec le public…

    Vous avez des regrets encore, plus de 40 ans après sur cette finale ?

    Non, je ne crois pas que l’on peut en avoir… J’ai revu le match récemment et on n’a pas tant bousculé les Allemands que cela. On a une idée du match qui fait qu’on l’on aurait été meilleurs, mais avant de marquer ce coup franc, le Bayern avait déjà eu l’occasion de marquer un ou deux buts.

    Ivan Curkovic dit même que vous n’étiez pas au meilleur de votre forme et que finalement, vous avez surtout fait illusion…

    Il n’a pas complètement tort. Nous avons joué sans Farison et Synaeghel, deux titulaires qui étaient suspendus, sans Rocheteau, blessé, moi-même je revenais de blessure…

    « Saint-Etienne était une ville de mineurs, on véhiculait des valeurs de travail, de courage, de solidarité… »

    Malgré tout vous n’êtes quand même pas passé loin de l’exploit…

    Ce que je sais, c’est que tous ceux qui étaient sur le terrain ont donné le maximum pour ramener la Coupe à Saint-Etienne. Après, il y a aussi cette équipe du Bayern, qui nous a empêché de faire ce qu’on avait l’habitude de faire. En face, c’était quand même pas n’importe qui… Pour gagner, il aurait fallu faire mieux.

    Il n’y avait pas de stars à Saint-Etienne, mais beaucoup de joueurs issus du club, comme vous…

    Après les années fastes du début 70, Robert Herbin reconstruisait une équipe et s’appuyait notamment sur des jeunes, comme notamment les vainqueurs de la Coupe Gambardella (ndlr : Lopez, Merchadier, Synaeghel, Santini, P. Révelli, Sarramagna). Saint-Etienne était une ville de mineurs, on véhiculait des valeurs de travail, de courage, de solidarité…

    C’était un peu l’antithèse du PSG aujourd’hui, avec ses stars achetées à coups de millions ?

    (Il fait la moue) Je ne crois pas que l’on puisse dire cela… C’est toujours difficile de comparer les époques. A Saint-Etienne, tout était mis en œuvre pour nous mettre dans les meilleures conditions. Par exemple, nous avions deux kinés, ce qui était unique à l’époque, une piscine à remous dans le vestiaire, un terrain synthétique pour nous entrainer… On a aussi été les premiers à se déplacer en avion. Et puis ensuite, l’ASSE va faire son “PSG”, avec le recrutement de grands joueurs…

    Comment expliquer aussi que, plus de 40 ans après, le souvenir est toujours aussi vivace ? Même les plus jeunes font référence à vos exploits…

    C’est la transmission entre les générations. Cette épopée était porteuse de valeurs qui ont marqué les esprits. Une génération de supporters a vécu avec, l’a accompagné, et l’a ensuite transmise à ses enfants, puis les petits-enfants. On a perdu à Glasgow, mais on est peut-être restés plus présents dans la mémoire des Français que les Marseillais qui ont gagné la C1…

    Revenons à l’épopée européenne des Verts, en dehors de la finale, il y a un match qui vous a marqué plus que les autres ?

    Il y en a deux : le match contre Split, en 75, et la demi-finale de 76 à Eindhoven. En 75, lors du match retour, l’émotion était à son comble. On a senti une ambiance exceptionnelle autour de ce match. En face c’était quand même le football yougoslave, qui brillait en Europe à l’époque. Et puis il y a ce 0-0 à Eindhoven lors de la demi-finale retour en 76. On avait gagné 1-0 à l’aller et au retour, on est tous allé au combat pour défendre ce résultat. Ce n’est pas le match le plus spectaculaire de l’aventure européenne, le plus flamboyant, mais c’était un gros match contre une équipe néerlandaise dans laquelle se trouvaient beaucoup d’internationaux finalistes de la Coupe du Monde en 74. C’était une performance collective aboutie.

    Plus de 40 ans après, quel est l’héritage que vous avez laissé aux Verts ?

    L’héritage, c’est tout le passé du club. Cette épopée en Coupe d’Europe, mais aussi tous les titres gagnés plus tôt. Tous les clubs ont besoin de leur histoire pour avancer. Sans être péjoratif, si on regarde juste le club comme ça, Saint-Etienne est un club comme Bordeaux, Lens, Metz ou Lille… Mais son passé en fait un club particulier. Quand vous êtes à Geoffroy-Guichard, vous sentez tout le poids de l’histoire.

    Aujourd’hui, vous pensez le club digne de cet héritage ?

    C’est un club qui se classe régulièrement dans les 5 ou 6 premiers… Les gens en place font du très bon travail, avec des joueurs qui savent se transcender. Les valeurs qui étaient les nôtres à l’époque.

    On dit les héros de 76 immortels, que faudrait-il pour qu’on les oublie ?

    Je ne sais pas… Nous, on a eu le temps d’exister, de forger notre histoire. Aujourd’hui, on va de match en match, les joueurs sont de moins en moins identifiés à un club, tout va très vite. C’est devenu très difficile de s’ancrer dans l’histoire.


    Vous avez aimé cet article ? Faites-le savoir !


    Votre article dans

    Ecrivez sur votre club