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    « L’OM est l’âme de la ville »

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    « L’OM est l’âme de la ville »

    14 oct. 2020

    Michèle Rubirola, Maire de Marseille

    Elue maire le 4 juillet dernier après 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin, l’écologiste Michèle Rubirola (64 ans), première femme maire de Marseille, est une vraie fan de foot en générale et de l’OM en particulier. Dans sa jeunesse, elle a même porté brièvement les couleurs du club de sa ville au poste de latéral gauche… (photo : mairie de Marseille)

    Dans notre dernière interview, avant l'élection, vous nous disiez : « je suis capable de vous parler des avantages du 4-3-3 par rapport au 4-4-2. » Quel style de jeu préférez-vous et le retrouvez-vous à l'OM ?

    Ne dit-on pas : la meilleure défense, c’est l’attaque ? J’aime le sport - et en particulier le football - pratiqué avec panache. Si je reconnais l’efficacité du catenaccio à l’italienne, j’ai toujours été une fervente admiratrice du jeu développé par l’Ajax de Johan Cruyff ou le Barça de Pep Guardiola. La saison dernière, avec Villas-Boas aux commandes, j’ai retrouvé, sur certaines phases, ce jeu plein d’entrain doublé d’un pressing haut. Avec des joueurs comme Benedetto et Sanson, infatigables sur le terrain, l’équipe possède l’effectif pour le faire. Et les résultats ont été au rendez-vous. J’ai hâte de voir l’équipe en Ligue des Champions cette année !

    Pensez-vous, comme un célèbre sélectionneur argentin, Luis Cesar Menotti, qu'il existe un football de gauche (très offensif et spectaculaire) et un football de droite (plus restrictif et défensif) ? Dans ce sens, est-ce aussi parce que la sensibilité des supporters de l'OM est plutôt à gauche, qu'ils ont toujours préféré un coach qui prend des risques et joue l'offensive ?

    Comment contredire une telle figure du football, lui qui a mené l’Argentine au titre de championne du monde en 1978 organisé dans son propre pays ? La philosophie du jeu pratiqué par son équipe, offensif, léché, audacieux, notamment en final contre les Pays-Bas, reste dans toutes les mémoires des amoureux du football. Je sais que Menotti était aussi un homme de gauche, du coup, ça nous fait certainement un deuxième point en commun ! Le football argentin est à l’image de celui à Marseille : passionné, bouillonnant, populaire. Bien sûr, tous les Marseillais ont en mémoire le 26 mai 1993, lorsque l’OM s’est retrouvé sur le toit de l’Europe. Mais nombre d’entre eux adulent aussi Marcelo Bielsa qui, même s’il n’a pas gagné de trophée, a laissé une empreinte indélébile sur la Canebière par la manière dont il a su faire jouer l’équipe. Pour finir, il me semble que lorsqu’on se retrouve au stade, les barrières sociales et les clivages politiques disparaissent. Dans les tribunes il n’y a plus de droite ni de gauche, mais plutôt des supporters ralliés à une même cause : la victoire de leur équipe.

    Pour évoquer le Vélodrome, vous pensiez qu'il fallait confier sa gestion à la Métropole. Maintenant que vous êtes maire qu'allez-vous faire pour inciter le club, et la ville, à aller dans cette direction ?

    Je n’ai pas changé d’avis, le Vélodrome bénéficie d’un rayonnement au-delà de la ville, avec des supporters qui viennent de toute la Métropole et de la Région, mais il reste uniquement financé par les contribuables marseillais. Il faut que ça change.

    « Associer au centre de formation l’ensemble des clubs de Marseille »

    Avez-vous l'intention de créer une nouvelle façon de gérer la relation Mairie/OM ?

    J’ai toujours travaillé dans le respect de l’autre et je souhaite une relation constructive avec les dirigeants de l’OM. Ma priorité est de préserver les intérêts des Marseillais tout en permettant à notre club de briller.

    S'il existe beaucoup de passion pour le foot à Marseille, beaucoup de clubs, peu parviennent à trouver leur place à l'ombre du géant OM. Qu'est-il possible de faire pour leur permettre de mieux vivre, de trouver leur place et d'assumer avec davantage de moyens leur vocation associative et éducative ?

    Il est vrai qu’il n’est pas toujours évident d’exister aux côtés d’un club historique comme l’OM, premier palmarès du foot français, seule équipe de Ligue 1 à avoir remporté la Ligue des Champions et qui compte des supporteurs dans le monde entier. Malgré tout, d’autres clubs existent comme l’Athlético Marseille, l’ancien Consolat, qui évolue actuellement en National 3. Ils sont essentiels au maintien du tissu social dans les quartiers les plus défavorisés. Il faut bien entendu les soutenir. J’aimerais, aussi, qu’il existe plus de passerelles entre l’OM et ses “petits frères”, pour qu’ils continuent à grandir.

    Vous verra-t-on souvent au Vélodrome ?

    Lorsque mon emploi du temps me le permettra, j’espère bien pouvoir assister à quelques matchs de l’OM. En tant qu’ancienne joueuse de l’équipe de l’OM féminine, je conserve un rapport particulier avec ce club, qui est l’âme de la ville. Alors qu’il existe dans de trop nombreux stades en Europe, je suis fière que le racisme n’ait jamais pollué nos tribunes, notamment grâce à l’engagement des clubs de supporteurs.

    Croyez-vous que l'OM, qui a tant de mal à assumer sa fonction de formation, peut, à terme, devenir un vrai club formateur ? Quel peut être le rôle de la ville de Marseille dans cette optique ?

    Le centre de formation de l’OM a déjà vu évoluer de grands joueurs, comme Eric Di Meco, Seydou Keita, Samir Nasri, les frères Ayew, plus récemment Maxime Lopez et Boubacar Kamara, promis à une grande carrière internationale. Mais ce n’est évidemment pas suffisant pour un club comme Marseille. Il nous faut trouver la bonne tactique pour associer au centre de formation l’ensemble des clubs de Marseille, où, j’en suis persuadée, se trouve des véritables diamants bruts. Le fait que le campus de formation, qui accueille les équipes féminines et les joueurs non professionnels, ait été entièrement rénové et déplacé de la Commanderie à Mazargues, plus proche du centre-ville, est un bon signal.

    De manière générale, trouvez-vous que le foot professionnel dans son ensemble s'intéresse assez à sa base, les petits clubs, renvoient suffisamment l'ascenseur dans leur direction après avoir profité du travail de tous les éducateurs, bénévoles ou pas ?

    Comme je l’ai déjà dit, je milite pour que le sport professionnel, et pas uniquement le football, intègre dans leurs institutions les sportifs amateurs. Par sa vertu, ses valeurs qu’il véhicule, le sport est à la fois un facteur essentiel de développement personnel, mais aussi de cohésion et de lien au sein de notre population. A Marseille, plus de 220 000 Phocéens pratiquent un sport, à tous les niveaux et tous les âges, dans 1500 clubs différents. On compte également 150 000 licenciés qui jouissent de 1000 équipements municipaux : stades, gymnases, piscines, boulodromes... En tant que médecin et ancienne sportive, je ne peux qu’être favorable au développement de ces infrastructures. En tant que Maire, c’est mon ambition pour Marseille.

    Retrouvez cette interview ainsi que toute l’actu de l’OM dans le magazine Le Foot Marseille, chez votre marchand de journaux ou sur www.lafontpresse.fr


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