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    Reprendre ou ne pas reprendre...

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    Reprendre ou ne pas reprendre...

    29 mai 2020

    La chronique de Stéphane Désenclos

    Ce matin en parcourant les réseaux sociaux pour sentir un peu la tendance par rapport aux dernières évolutions de l’actualité, j’ai constaté que la réouverture annoncée des bars et des restaurants à partir de mardi prochain (pour les départements en zone verte) ne faisait pas plaisir à tout le monde. Et oui, il y a encore des restaurateurs et des patrons de bar qui se plaignent à l’idée de pouvoir ouvrir leur établissement dans cinq jours. Ils, heureusement loin d’être majoritaires, s’inquiètent des conditions sanitaires à mettre en place et des soucis d’organisation que ce pas de géant vers un retour à la vie « normale » (encore loin d’être acquis mais sur la bonne voie) provoque. Fin avril pourtant, quand le Premier Ministre annonçait que la première étape du déconfinement ne concernerait pas ce type de commerce, on n’entendait que ceux qui regrettaient (pour rester mesuré) de devoir encore attendre. Verra-t-on, d’ici mardi les commentaires de ceux qui trouvent « dangereux », « inapproprié » ou encore « trop compliqué » de rouvrir bars et restaurants, prendre de plus en plus de place sur ces nouveaux espaces de communication débridée que sont les réseaux sociaux ? On peut malheureusement le craindre… Les adeptes du « fallait pas le faire », ou du « fallait faire comme ça » et surtout du « fallait faire le contraire », sont toujours les plus motivés. On le voit chaque jour dans le grand cirque médiatique appelé « politique ».

    Il y a un mois, la reprise était perçue comme un acte inciviquel

    Cette situation n’est pas sans me rappeler celle de notre football. Un football français mis au placard le 30 avril dernier par la décision de la Ligue de Football Professionnel de clôturer définitivement la saison 2019/2020 pour la Ligue 1, la Ligue 2, le National et la D1 féminine. Si tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui, conforté par la reprise déjà effective (Bundesliga) ou annoncée (Liga, Premier League et Liga) des autres championnats que la décision de prononcer l’arrêt des compétitions était prématurée, on oublie un peu vite le contexte de l’époque, pourtant pas si vieille.

    Fin avril, jusqu’aux annonces d’Edouard Philippe devant l’Assemblée Nationale (le 28 avril), la LFP se voyait même reprochée son obstination à reprendre. Le syndicat des joueurs (qui regroupe 90% des principaux acteurs) s’opposait à une reprise, le syndicat des entraineurs réclamait la plus grande méfiance (évoquant notamment les risques de blessures en cas de reprise) et plusieurs présidents de clubs, à l’image de Caillot (Reims) ou Le Saint (Brest) fustigeaient la position de la Ligue, quand d’autres émettaient les plus grands doutes et réclamaient « une saison blanche », à l’image… du président Aulas.

    Certes, le patron de l’OL continuait de privilégier la reprise mais n’hésitait pas à mettre la pression en déclarant qu’elle « s’éloignait encore un peu plus de jour en jour ». Tout cela pour arriver au 30 avril donc et un vote « à 85% » selon Le Graët pour un arrêt définitif de la saison. Et puis il y avait aussi cette notion de « huis clos ». Pas question de jouer dans des stades vides criaient les passionnés. Avant le 28 avril, envisager la reprise du foot était présenté comme un choix égoïste, dicté par l’argent au détriment de la santé. Presque un acte incivique. En tout cas violemment critiqué.

    Le foot français paye ses divisions

    Il y a eu ensuite les choix de la LFP, commandités par Noël Le Graët, qui s’affirme comme le grand patron du football français : un classement arrêté à la 28ème journée pour répartir les places européennes, des descentes et des montées… Etait-ce la solution la moins injuste ? Où n’y avait-il pas mieux à faire ? Lille (4ème à un petit point de la C1), Lyon, Montpellier et Monaco (7ème, 8ème et 9ème à 1 point de la C3), Amiens (19ème à 4 points des barrages)… étant les principales victimes des décisions entérinées. Permettez-moi de penser que la conséquence est particulièrement lourde pour un club comme Amiens. Car si on peut être privé de quelque chose que l’on aurait « pu » gagner, il est bien pire de se voir retirer quelque chose qui est en notre possession.

    Un mois plus tard, ce qui frappe ce n’est pas que la situation ait changé au point d’envisager une nouvelle approche des évènements, mais surtout de voir comment beaucoup retournent leur veste parmi les observateurs. On écoute les grands médias qui fin avril se gargarisaient de se faire l’écho des doutes les plus profonds par rapport à une reprise programmée, ce qui a sans doute eu un rôle « d’influenceur » dans la décision de nos instances, crier haut et fort aujourd’hui que nous sommes devenus « les cons » de l’Europe du foot en étant « les seuls » à ne pas reprendre. C’est au passage manquer de respect à nos amis Néerlandais (qui avaient quand même un club en demi-finale de la Ligue des Champions la saison dernière), Belges (qui ont joué une demi-finale de Coupe du Monde en 2018) ou encore Ecossais, qui eux aussi ont choisi la plus grande prudence en arrêtant tout.

    Moi qui étais pour la reprise du foot, même fin avril, prêt à attendre justement quelques semaines encore avant de trancher, je fais partie de ceux qui estiment que la décision a été prématurée, et j’ai l’avantage de ne pas faire partie de ceux qui ont pris la décision d’arrêter. Comme j’aurais eu l’avantage de ne pas faire partie de ceux qui auraient décidé de reprendre.

    Parce que la seule façon de se mettre à l’abri des critiques, c’est de ne rien décider. Quoi que…

    Le foot français paye aujourd’hui son excès de prudence mais aussi ses divisions. Ce n’est pas aujourd’hui. Durant tout le mois d’avril, les acteurs se sont succédés pour dire haut et fort leur avis, sans se soucier de l’intérêt collectif. Les querelles d’hier, sur les droits télé, l’arrêt ou pas, le mode de classement déterminé... ont pris le dessus sur le bon sens. Aveuglés par leur raisonnement individuel, les clubs se sont précipités tout seul dans le mur.


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