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    France - Allemagne 1982

    Match de légende

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    Match de légende

    France - Allemagne 1982

    15 févr. 2019

    Du rêve au cauchemar

    C'était il y a 36 ans, bientôt 37. Avant de gagner deux fois la Coupe du monde, les Français sont passés du rêve au cauchemar un soir de juillet à Séville...

    Le 8 juillet 1982, le stade Ramon Sanchez Pizjuan de Séville est le théâtre d’un match au scénario dramatique pour l’équipe de France. Mais l’issue cauchemardesque de cette rencontre entre l’équipe de Michel Platini et celle de Manfred Kaltz ne doit pas nous faire oublier la beauté du duel entre la redoutable RFA, championne du Monde 8 ans plus tôt et nos Bleus, qui atteignent ce stade de la compétition pour la première fois depuis 1958 et l’épopée de Just Fontaine et ses camarades en Suède. Ça se voit dès le début du match. Timorés, complexés, les Tricolores subissent la loi des Allemands qui marquent rapidement par l’intermédiaire de Littbarski. Le petit ailier allemand reprend de loin un ballon repoussé dans ses pieds par Ettori sorti au devant de Fischer (17ème).

    Ce but encaissé logiquement par Platini et sa bande va avoir l’avantage de réveiller l’équipe de France. Mais aussi, paradoxalement, rendre nerveux les Allemands qui multiplient les erreurs et les fautes. Peu avant la demi-heure de jeu, Michel Platini dépose un coup franc sur la tête d’Alain Giresse qui remet plein axe pour Dominique Rocheteau. Ce dernier est retenu par la taille par Bern Förster, sous les yeux de l’arbitre, le néerlandais Charles Corver, qui ne peut faire autrement que siffler penalty. Une sentence que Platoche exécute sans trembler, d’une frappe puissante à ras de terre. Convaincu que son équipe a les moyens de gagner le match, Michel Hidalgo encourage ses joueurs à aller de l’avant. Les Français ont le ballon, mais tournent autour de la surface de Schumacher sans parvenir véritablement à l’inquiéter.

    Quand la seconde période reprend, l’atmosphère est de plus en plus lourde. Et tout semble aller contre la France. Rapidement, Bernard Genghini, blessé après un coup reçu en première période est obligé de quitter ses partenaires (50ème). Hidalgo décide de lancer Patrick Battiston à sa place. Plus habitué à jouer en défense, Battiston rentre au milieu de terrain avec un rôle nouveau qu’il assimile très vite. Dès son entrée en jeu, il se montre dangereux sur une frappe lointaine. Les Allemands ne sont pas au mieux. Ils souffrent face aux assauts des Français qui proposent un jeu léché et percutant, sous la baguette de Platini qui n’est pas loin de faire l'un des plus grands matchs de sa carrière. A la 53ème minute, Dominique Rocheteau trouve la faille. Mais le but est refusé pour une faute peu évidente du Français sur Förster. Cela ne décourage par les Français qui repartent à l’attaque. 5 minutes plus tard, Platini, tel un maestro, fait une ouverture lumineuse pour Battiston qui se présente seul face à Schumacher. Le gardien allemand sort à toute vitesse. Pas pour s’occuper du ballon mais pour percuter de plein fouet son adversaire qui voit son lob passer à côté du but. Aux abords de la surface, le choc a été terrible. Battiston git inconscient sur le sol et doit être évacué sur une civière, trois dents en moins. Pendant ce temps-là, l’arbitre donne une simple « sortie de but » en faveur des Allemands. Aujourd’hui encore cette décision (de ne pas siffler faute et exclure le portier allemand) est reconnue comme l’une des plus grandes injustices de l’histoire de la Coupe du monde. C’est Christian Lopez, lui aussi habitué à jouer en défense, qui entre à la place de Battiston.

    3-1 à 20 minutes de la fin !

    Loin d’être abattus par cette injustice, les Français continuent de plus bel à mettre la pression sur les Allemands. Mais Rocheteau et ses partenaires ne se montrent pas assez efficaces pour marquer. A l’image de cette frappe de Manuel Amoros en fin de match qui s’écrase sur la transversale de Schumacher. Heureusement, les Allemands aussi manquent de réussite et dans les arrêts de jeu, Jean-Luc Ettori doit s’y prendre à deux fois pour éviter le pire. On n’échappera pas à la prolongation.

    D’entrée, la France prend les choses en main. Dès la 93ème minute, une superbe reprise de volée (sur un coup franc excentré) de Marius Trésor permet aux Bleus de prendre l’avantage. 2-1 et il reste 27 minutes à jouer. Les Allemands sont dépassés et ne parviennent pas à endiguer les vagues bleues qui déferlent sur le but de Schumacher. A la 99ème minute, Didier Six récupère le ballon à l’entrée de la surface côté gauche, il jette un coup d’œil et voit, légèrement en retrait, Alain Giresse, idéalement placé pour frapper. La passe est millimétrée, la frappe est chirurgicale. Le ballon heurte le poteau et fait trembler les filets : 3-1 pour la France et plus que 20 minutes à jouer.

    20 minutes qui seront les plus longues de l’histoire du foot français. Une chape de plomb est tombée sur les épaules des supporters qui attendent le coup de sifflet final avec espoir, pour voir les Bleus en finale de la Coupe du monde pour la première fois de leur histoire. Pour garder l’avantage du score jusqu’au bout, les Bleus continuent de faire ce qu’ils font de mieux : attaquer. Mais encore une fois, le sort (et l’arbitrage de M. Corver) va s’acharner. Alors que deux fautes consécutives (sur Giresse et Platini) sont oubliées, les Allemands contre-attaquent et marquent par Rummenigge, tout juste entré en jeu (103ème minute). 5 minutes plus tard, le même Rummenigge déborde et centre pour Hrubesch (lui aussi entré en cours de match) qui égalise d’un retourné acrobatique, le but de sa vie.

    Eternels regrets...

    Les 12 dernières minutes de la prolongation vont être terribles pour les Bleus mais ils ne cèdent pas. C’est aux tirs au but que va se jouer le destin des Bleus. Quand Stielike, troisième tireur allemand, voit sa frappe stoppée par Ettori, les Français hument une nouvelle fois le parfum de la finale. Mais derrière, Didier Six manque à son tour (alors que Giresse et Amoros avaient converti leur tir au but). Après le tir réussi de Platini (comme celui de Littbarski pour les allemands), tout va se jouer lors du sixième tir. L’atmosphère est insoutenable. Maxime Bossis voit malheureusement sa frappe repoussée par Schumacher. Dans la foulée, Hrubesch marque et envoie les Allemands en finale.

     

    > La feuille de match

    Allemagne – France 3-3 (5 tab à 4)

    Allemagne : Schumacher – Briegel (puis Rummenigge, 97ème), K.H. Förster, B. Förster, Kaltz – Breitner, Dremmler, Fisher, Stielike - Magath (puis Hrubesch, 73ème), Littbarski

    Entr. : Jupp Derwall

    France : Ettori – Bossis, Trésor, Janvion, Amoros – Tigana, Genghini (puis Battiston, 50ème, puis Lopez, 60ème), Giresse, Platini – Six, Rocheteau.

    Entr. : Michel Hidalgo


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