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    Lettre ouverte à Bernadette Adams

    Chronique

    Vendroux

    Chronique

    Lettre ouverte à Bernadette Adams

    22 mai 2019

    La chronique de Jacques Vendroux

    Alors que la reprise des soins de Vincent Lambert, en état de mort végétative depuis de nombreuses années, a été ordonnée hier par le Cour d’appel de Paris, et fait couler beaucoup d’encre, notre chroniqueur, Jacques Vendroux a adressé une lettre à Bernadette, la femme de Jean-Pierre Adams, célèbre footballeur de l’équipe de France tombé dans le comas en 1982 (suite à une opération du genou).

    « Ma chère Bernadette,

    Au milieu des remugles de l'affaire Vincent Lambert, j'ai trouvé le besoin de t'écrire. Cela fait 37 ans. Trente-sept ans que Jean-Pierre Adams, ton Jean-Pierre, est dans le coma après une erreur d'anesthésie lors d'une bénigne opération du genou. Aujourd'hui, il a 71 ans. Il entend, il sursaute quand il y a un bruit soudain, il comprend peut-être, mais il ne peut plus parler. Mais je sais que tu essayes toujours de positiver. Jean-Pierre est dans un état végétatif, mais il respire naturellement. Je sais que des gens sont venus le voir dans sa chambre, persuadés qu'il était branché ou qu'il y avait une machine cachée sous le matelas, mais il n'en est rien. Tu lui donnes ses repas toi-même, il déglutit encore. Bernadette, tu es pour moi une héroïne : tu as pris ton mari avec toi, chez toi. C'est toujours avec beaucoup de respect que tu prends soin de lui. Tu ne dis jamais que tu t'occupes de lui, mais que tu travailles pour ton Jean-Pierre. Les enfants et les petits-enfants viennent le voir. Laurent et Frédéric, vos deux fils, sont le portrait craché de leur père. Noah, votre petit-fils, partage aussi la passion de Jean-Pierre pour le football. Attaquant, il vient régulièrement lui raconter ses buts. Là, on voit bien qu'il entend, qu'il écoute. Marius Trésor, qui jouait avec lui en équipe de France – on les appelait « la garde noire » – est encore très présent pour lui. Je sais que l'affaire Vincent Lambert te rappelle des souvenirs épouvantables, toi qui es contre l'euthanasie. Je sais que tu souffres de voir ton mari prisonnier de son silence, que tu es toujours très amoureuse et que les moments sont difficiles à vivre, mais je suis avec toi. »


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